Photo_FC_cactus_en_2004

L’Euphorbia ingens, plantée dans les années 80, gardienne d’une vue imprenable du haut de son jardin public, faisait l’admiration de nombreux Bonifaciens et d’une majorité de touristes qui l’ont photographiée un nombre incalculable de fois.

Aussi, le 2 Février 2009, à la vue de la coupe outrageuse de ce monument végétal qui dépassait 6 mètres de haut, les premiers qui ont découvert ce saccage répétaient POURQUOI ? POURQUOI ? POURQUOI ?

Après avoir écarté diverses explications ou ouï-dire invraisemblables, force était de constater que la plante la plus remarquable d’un des tout petits jardins publics de la ville, avait été massacrée par les services techniques de la ville : l’euphorbe gâchait la vue d’un habitant …. !

Jaques Deleuze, féru de botanique et spécialiste des palmiers et des plantes exotiques, nous a confirmé : « Cette plante qui pousse naturellement au Nord Est de l’Afrique du Sud est cousine de celles qui peuplent nos jardins ou la nature environnante. » Euphorbia ingens est caractéristique par ses colonnes gigantesques qui peuvent atteindre 10 mètres. Son adaptation à notre environnement marin, vents violents et embruns, était exceptionnelle.

Quant au devenir de ce qui reste de cette euphorbe cactéiforme, Jacques Deleuze précise : «  Elle ne va pas mourir, mais n’aura plus jamais cette forme particulière de parasol. Un grand nombre de rejets vont apparaître au niveau des coupes, qu’il faudra probablement en partie supprimer, et il faudra attendre encore plus de 30 ans pour espérer voir quelque chose d’un peu naturel ».

Face à une telle bévue, la question posée aux élus dont dépendent les services techniques de la commune est : seront nous condamnés à la médiocrité aussi longtemps que la décision publique pliera sous le « diktat » d’un habitant ? Quelle place donneront-ils à nos jardins publics et à notre espace collectif, puisque visiblement ce n’est pas celle  qui reflète l’aboutissement d’une réflexion à l’issue d’un état des lieux, ni d’un choix parmi plusieurs projets, ni la prise en compte de l’avis des habitants et des visiteurs pas plus que celui des spécialistes ?

PS : N’ayant jamais imaginé qu’elle pourrait être coupée, nous ne possédons localement que peu de photographies récentes de cette immense euphorbe. Merci à François Canonici pour cette belle photo, prise en 2004. De nombreux amateurs l’ont photographié l’été dernier : aussi, si l’un d’eux visitait ce blog et en possédait un cliché numérique, nous l’invitons à le faire partager aux autres visiteurs.