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     Au début de l’année 2009, la municipalité a annoncé par voie de presse qu’elle avait « conscience que le commerce est indispensable à la vie de la cité » et « que l’occupation du domaine public doit être réexaminée dans l’intérêts de tous, commerçants et usagers, en respectant la circulation et en appliquant les règles de sécurité ».

Rien dans ce communiqué n’évoque son ambition, affichée par ailleurs, concernant le projet en cours d’élaboration de la reconnaissance de la ville de Bonifacio « ville d’art et d’histoire », si ce n’est l’évocation de la Z.P.P.A.U.P. (Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager) lors du conseil municipal tenu le 16 Janvier 2009.

Depuis plus de dix ans, l’absence de projet urbain a favorisé une occupation du domaine public de plus en plus anarchique sous l’impératif de la « saison ». Les espaces encombrés, enlaidis, mal vécus, se sont multipliés et ont engendré au fil des années une vision de plus en plus dévalorisante, flagrante en hiver, où les vestiges en tout genre de la saison passée s’imposent et dénaturent les rues, les places, et l’architecture d’une ville ancienne qui sont ses principaux attraits.

Paysages urbains, urbanité, espaces privés et espaces publics partagés, sont des notions qui devraient être en permanence au cœur de tout projet urbain pensé dans toute sa dimension, politique, économique, sociale, culturelle, esthétique et technique.

Le projet urbain est l’occasion de repenser la ville avec tous les acteurs, habitants compris, en déclinant la diversité des analyses et des visions, l’impact des différents projets, et les conséquences des choix retenus.

Repenser la ville, n’est pas la refaire, mais c’est se réapproprier des espaces vivants partagés en toute saison, respecter l’échelle du tissu urbain existant et le site qui limite les potentialité d’aménagement, reprendre plaisir à la parcourir à pied car elle n’est vraiment pas grande, c’est l’imaginer moins encombrée par un mobilier urbain et des étals étrangers à l’architecture et à l’esthétique de la ville, une signalétique parfois noyée par une profusion d’enseignes.

En été, piétons, véhicules, sonos en surnombre, créent un foutoir pour tous, touristes et habitants. En hiver, une majorité de 4 x 4 est la seule activité qui occupe et anime la terrasse des restaurants, fermés la moitié de l’année à la Marine.

Repenser sa ville qui ne vit qu’à moitié, c’est réinitialiser, entre autres, les aménagements temporaires initiaux pour réintroduire un espace hivernal plus convivial.

Il serait temps de réaliser un projet ambitieux les toutes prochaines années, avec la participation prépondérante « d’hommes de l’art » pour échanger, dialoguer, expliquer aux habitants les partis d’aménagements proposés qui restaureront les qualités intrinsèques des rues et des places que nous empruntons tous.