port 7 11 2011

 

Nous avions dénoncé, l'hiver dernier, alors que les travaux battaient leur plein sur le port, l'absence d'enquête publique pour un chantier d'un montant annoncé de 18 Millions d'euros. Ricanements dans la salle. 

Nous nous étions étonnés que des travaux d'une telle ampleur puissent débuter sans autorisation, sans affichage. Ricanements dans la salle. D'invocation de l'urgence aux régularisations a posteriori, nous voici ô -

- Surprise, sortie du chapeau, un arrêté préfectoral en date du 1er octobre 2012 prescrit une enquête publique. Du 12 novembre au 14 décembre.

Nous avons déposé dans le registre d'enquête les remarques suivantes, sommaires comme l'étaient les  pièces présentes dans le dossier  : 

 

                                                                                                                     à   Madame le Commissaire enquêteur

                                                                                                                        

         En effet, quelle pertinence de tenir du 12 novembre au 14 décembre 2012 une enquête publique alors que les travaux du port, objets de l’enquête, ont débuté début Octobre 2011 et sont achevés à 70% en décembre 2012, si ce n’est d’entériner « la demande de régularisation d’autorisation des travaux de reconstruction des infrastructures portuaires … », sous la forme d'une autorisation  préfectorale intervenue, elle aussi, plusieurs mois après le début des travaux ?

 

    L’urgence des travaux invoquée était tout à fait contestable, et surtout la réponse technique aurait pu être différente si les Bonifaciens avaient été consultés en temps et en heure. Pourquoi une pseudo-concertation sous la forme de réunion publique plusieurs mois après le début des travaux ?

     Le dossier présenté à cette enquête est purement administratif, et aucun document ne présente autre chose qu’un copié/collé d’études types. A noter que le dossier technique est sommaire, que les études d'impact, bien qu'intitulées comme telles, sont indigentes, qu'il n’y a pas de plan de masse. Les terrains gagnés sur la mer, notamment, ne sont pas clairement identifiables sur les photos montages à très petite échelle.

   Par ailleurs, aucun élément ne reflète la prise en compte du futur paysage qui sera vécu par des habitants résidant toute l’année.

    Une réelle concertation et une enquête publique en amont auraient permis de considérer le problème dans son ensemble : rénovation et mise en sécurité des infrastructures et des réseaux bien entendu, mais aussi cohabitation entre les différentes activités, conservation et mise en valeur du patrimoine, réappropriation des lieux par la population y résidant à l'année, utilisation du domaine public, démontabilité des structures...  Aujourd’hui, 14 Décembre 2012, il n’y a plus que 5 commerces ouverts sur la Marine, et une quinzaine de fenêtres éclairées Marine, Giovasole compris. Sans compter « le train » des terrasses vides couvertes que l'on "subit" durant l'hiver, occultant de plus, pour les occupants des premiers niveaux d’immeubles de la Marine, la vue sur la mer et les bateaux.

     Le seul intérêt de cette enquête publique tardive est de pouvoir dénoncer une mise en œuvre de travaux portuaires identiques à ceux que l'on peut retrouver ailleurs dans le monde, contribuant largement à banaliser un site, à détruire son âme, et un patrimoine pourtant avancé comme étant l’une des priorités des élus.

    Enfin, il est à noter que le 14 Décembre 2012, à 15 h30, personne, en dehors de l'association ABCDE ne s'était présenté à l’enquête publique commencée un mois plus tôt,  le 12 novembre 2012.

   Et pour cause, au regard de l'avancement des travaux, celle-ci n'a aucun sens, les "dés étant jetés".

   En résumé, les procédures légales n'ont pas été respectées,  pour un montant tout de même annoncé de 17 millions d'euros.

                                                Cette enquête publique est une "mascarade".