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Mardi 30 mai, près de 400 hectares d'un site magnifique, en majorité sous la protection du Conservatoire du Littoral, ont été détruits par un incendie vite rendu non maitrisable du fait de la carence de moyens de lutte. 

De Frasseli ( bois de frênes) à Tonnara, c'est un paysage dévasté, une diversité d'écosystèmes anéantis. Du modeste lézard au genévrier centenaire. 

A l'heure où nous publions ce courrier adressé au maire de la commune, il apparait que le ministère concerné soit le ministère de l'intérieur et non celui des armées. Cela ne change rien sur le fond de la procédure. 

Il n'est pas question d'enfler les polémiques, mais nous exigeons que justice soit rendue à la nature. Et ouvre la voie à réparation.

 

                          ASSOCIATION BONIFACIENNE COMPRENDRE ET DEFENDRE L’ENVIRONNEMENT A.B.C.D.E
                                                  Association de protection de l’environnement

Monsieur Jean-Charles Orsucci Maire de Bonifacio

La gravité de l’incendie qui a ravagé 370 hectares le 30 mai 2017, sur notre commune, de Frasseli (ancien camp militaire) à Catarello et presque Tonnara appelle aux citoyens que nous sommes plusieurs interrogations.

Interrogations qui, certainement, sont aussi les vôtres et auxquelles votre position d’élu (et d’éligible) vous permet de répondre.

L’extrême sud de la Corse vit un printemps extrêmement sec, sans précédent dans les annales météorologiques. Même si les réserves, Ospedale et Talza affichent un bon indice de remplissage, l’extrême rareté des précipitations, moins de 10mm depuis deux mois, génère une grande sécheresse des végétaux. L’herbe a jauni depuis un mois, et les arbres commencent à défolier.

Chacun est appelé à la plus grande prudence dans tous les travaux en milieu naturel, l’emploi du feu est encore autorisé (si nécessité) jusqu’à midi (10 H GMT) et sous réserve de disposer de tuyau alimenté en eau à proximité.

Le feu d’hier est « parti » sur le terrain militaire, où était effectué une opération de déminage. L’enquête en cours déterminera les circonstances exactes de ce départ de feu : comme vous ne l’ignorez pas, il s’agit d’une procédure judiciaire, enquête préliminaire menée par la cellule Recherches des Causes et Circonstances des Incendies.

Néanmoins :
- l’action publique, ici le Ministère des Armées, n’est elle pas à même d’évaluer le caractère exceptionnel de la sécheresse de la végétation et ainsi surseoir à des opérations somme toute de routine ?
Dans ce cas, tant bien même qu’un camion citerne, dans une zone très peu carrossable, était à proximité, l’explosion de munitions était de la plus grande imprudence.
Cette imprudence a conduit à la destruction de toute la biodiversité sur 370 hectares.

C’est donc le bien commun qui a été détruit par imprudence. 

A ce titre, une action commune de Bonifacio s’impose.

Il existe un service au Ministère des Armées pour déclaration et demande de réparation des dégâts commis, avec conciliation éventuelle avant action en justice.page1image16944

Le Tribunal administratif est également compétent à partir du moment où il est acquis par l’enquête que les exercices sont à l’origine du sinistre.

Envisagez vous d’entamer une démarche au titre de la collectivité locale ? Qui pourrait s’assortir de démarches similaires de associations de défense de l’environnement, voire du Conservatoire du Littoral ?
Il s’agit de justice de la nature.

L’absence de moyens aériens, Canadair, alors que déjà la semaine dernière 60 hectares brûlaient au Mont Gozzi, est incompréhensible. Ce n’est plus de l’imprudence, c’est de l’incompétence de l’action publique. Avec des conséquences qui relèvent d’une enquête criminelle. La nature a droit aussi à la justice.

Vous saurez interpeller en ce sens notre collectivité territoriale et ses élus.

Pour l'association ABCDE Vincente Cucchi  

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