ABCDE à Bonifacio

01 juin 2017

Incendie à Bonifacio : une perte commune à tous

 

 

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Mardi 30 mai, près de 400 hectares d'un site magnifique, en majorité sous la protection du Conservatoire du Littoral, ont été détruits par un incendie vite rendu non maitrisable du fait de la carence de moyens de lutte. 

De Frasseli ( bois de frênes) à Tonnara, c'est un paysage dévasté, une diversité d'écosystèmes anéantis. Du modeste lézard au genévrier centenaire. 

A l'heure où nous publions ce courrier adressé au maire de la commune, il apparait que le ministère concerné soit le ministère de l'intérieur et non celui des armées. Cela ne change rien sur le fond de la procédure. 

Il n'est pas question d'enfler les polémiques, mais nous exigeons que justice soit rendue à la nature. Et ouvre la voie à réparation.

 

                          ASSOCIATION BONIFACIENNE COMPRENDRE ET DEFENDRE L’ENVIRONNEMENT A.B.C.D.E
                                                  Association de protection de l’environnement

Monsieur Jean-Charles Orsucci Maire de Bonifacio

La gravité de l’incendie qui a ravagé 370 hectares le 30 mai 2017, sur notre commune, de Frasseli (ancien camp militaire) à Catarello et presque Tonnara appelle aux citoyens que nous sommes plusieurs interrogations.

Interrogations qui, certainement, sont aussi les vôtres et auxquelles votre position d’élu (et d’éligible) vous permet de répondre.

L’extrême sud de la Corse vit un printemps extrêmement sec, sans précédent dans les annales météorologiques. Même si les réserves, Ospedale et Talza affichent un bon indice de remplissage, l’extrême rareté des précipitations, moins de 10mm depuis deux mois, génère une grande sécheresse des végétaux. L’herbe a jauni depuis un mois, et les arbres commencent à défolier.

Chacun est appelé à la plus grande prudence dans tous les travaux en milieu naturel, l’emploi du feu est encore autorisé (si nécessité) jusqu’à midi (10 H GMT) et sous réserve de disposer de tuyau alimenté en eau à proximité.

Le feu d’hier est « parti » sur le terrain militaire, où était effectué une opération de déminage. L’enquête en cours déterminera les circonstances exactes de ce départ de feu : comme vous ne l’ignorez pas, il s’agit d’une procédure judiciaire, enquête préliminaire menée par la cellule Recherches des Causes et Circonstances des Incendies.

Néanmoins :
- l’action publique, ici le Ministère des Armées, n’est elle pas à même d’évaluer le caractère exceptionnel de la sécheresse de la végétation et ainsi surseoir à des opérations somme toute de routine ?
Dans ce cas, tant bien même qu’un camion citerne, dans une zone très peu carrossable, était à proximité, l’explosion de munitions était de la plus grande imprudence.
Cette imprudence a conduit à la destruction de toute la biodiversité sur 370 hectares.

C’est donc le bien commun qui a été détruit par imprudence. 

A ce titre, une action commune de Bonifacio s’impose.

Il existe un service au Ministère des Armées pour déclaration et demande de réparation des dégâts commis, avec conciliation éventuelle avant action en justice.page1image16944

Le Tribunal administratif est également compétent à partir du moment où il est acquis par l’enquête que les exercices sont à l’origine du sinistre.

Envisagez vous d’entamer une démarche au titre de la collectivité locale ? Qui pourrait s’assortir de démarches similaires de associations de défense de l’environnement, voire du Conservatoire du Littoral ?
Il s’agit de justice de la nature.

L’absence de moyens aériens, Canadair, alors que déjà la semaine dernière 60 hectares brûlaient au Mont Gozzi, est incompréhensible. Ce n’est plus de l’imprudence, c’est de l’incompétence de l’action publique. Avec des conséquences qui relèvent d’une enquête criminelle. La nature a droit aussi à la justice.

Vous saurez interpeller en ce sens notre collectivité territoriale et ses élus.

Pour l'association ABCDE Vincente Cucchi  

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20 mars 2017

M. le Maire de Bonifacio ou l'application "intelligente" de la Loi

L’intervention de M. le Maire de Bonifacio, lors du reportage diffusé dans Inchiesta, nous l’a prouvé : nous sommes en présence d’un véritable lanceur d’alerte.  Au service des Bonifaciens.

 

Sauf que cet élu en colère n’alerte pas sur la  préservation des espaces naturels ou agricoles mais sur sa constructibilité…nuance !

Et de déplorer, amer : « l'empilement des Lois Grenelle et Alur me font dire que demain je serai incapable de préserver la constructibilité sur le plateau... » « si on est dans une lecture stricte, bête de toutes ces lois qui s'empilent , on est sur 200- 300 ha (constructibles)….on va rendre riches ceux qui possèdent ces 200 -300 ha mais pour le reste c'est la guerre civile !(Sic)…Un PLU à 200 ha je ne ferai pas (... ) Je retournerai au RNU » .

Ah cette menace de guerre civile, très tendance ! Si ce n’est pas du chantage au béton…ça lui ressemble !

 

Curieusement Mr le Maire ne dit rien sur les conséquences de l’application des dispositions du  Padduc sur ce même plateau.

Padduc qualifié par lui pourtant, en son temps de vice-président de l’assemblée de Corse, de « projet marqueur de gauche » et qu’il a voté !  Padduc dont il ne peut que savoir pertinemment qu’il ne peut contredire  la Loi Alur, la Loi Grenelle ou la Loi de modernisation de l'agriculture et surtout la Loi Littoral y compris sur le plateau ?

Il déclarait à « Corse-Matin » (11/01/2017) : « les Bonifaciens nous demandent de respecter nos engagements de 2008 et 2014 qui étaient de protéger le littoral bonifacien, ce qui a été fait avec le Padduc, et d'augmenter la constructibilité sur le plateau bonifacien»

 

Donc le Padduc c'est pour protéger le littoral....mais pas le plateau ? La constructibilité du plateau ne concerne pas le Padduc ?  Et quid de l’obligation de préserver les Espaces Stratégiques Agricoles et naturels ? 1217 ha d’ESA sur la commune selon le Padduc.

 

 

Selon Mr Tafani ,Premier adjoint chargé de l'urbanisme, la moitié des demandes de permis de construire  concerne, à Bonifacio,  des résidences secondaires.

Si  ces mauvaises  lois s'appliquent, on arrivera à un résultat contraire aux intérêts des « Bonifaciens » qui ne pourront plus construire. Comprenez : seuls les riches étrangers pourront acheter puisqu'à cause de la raréfaction de l’offre, le prix du m2 deviendra inabordable pour eux.

 

Ce qui laisse croire que, pour l'instant, il l'est ?

Le prix de l'immobilier à Bonifacio :

Appartement : fourchette basse : 3091 euros (30%de l'offre) moyenne : 4433euros  (42% de l’offre) haute: 5530 euros (28% de l'offre)

Maison: fourchette basse : 3635 euros, moyenne: 4200 euros, haute:11522 euros

 

Sachant qu'à Bonifacio, le salaire mensuel net moyen s'élève à 1735 euros et que le revenu annuel moyen par foyer fiscal est de 20 822 euros, on comprend que les chances pour un « Bonifacien » d'accéder à la propriété immobilière sont très, très limitées. Pour la plupart d'entre eux c'est du domaine du rêve. Qu’a donc concrètement tenté la commune pour limiter les résidences secondaires dont l’impact sur le prix du foncier est incontestable ?

RIEN ! Au contraire.

Par une politique très laxiste en matière de délivrance de permis de construire, particulièrement pour des  résidences secondaires dans des secteurs protégés (permis tacites, permis accordés dans des zonages annulés par les juridictions administratives ou dans des sites classés) ou bien pour la réalisation de programmes immobiliers plus conséquents  (lotissements ou immeubles de standing), elle a non seulement accompagné,  mais délibérément renforcé le phénomène, y compris sur le Plateau.

 

Sur fond de menace de guerre civile et de lois scélérates, une vieille antienne toujours aussi tendance, tentons, à travers quelques exemples de comprendre ce que M. Orsucci entend par « lecture intelligente, pas bête, pas stricte, de la loi ».

 

A suivre …

 

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19 mars 2017

Bonifacio , ses parkings

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L’ancienne fabrique de la vallée de Saint Julien a été bâtie vers la fin du 19e siècle, pour les besoins de la « Garantie Foncière » en entrepôts et cave à vin. La Garantie Foncière avait été crée par Jules Lang, avec une plantation de 500 hectares de vignobles, dans différents secteurs de Bonifacio, dont Piantarella et Falate et jusqu’à Solenzara. Durant l’hiver 1897, elle employait 180 personnes, 40 bœufs, 20 mulets et chevaux…

Plus tard, dans le 20e siècle, le bâtiment abrita une petite fabrique de bouchons dirigée par Emmanuel Rai. D’où son nom, l’ancienne fabrique.

(d’après « Bonifacio à travers ses rues et places », de François Canonici)

 

Tombant en ruines au fil des années, la « fabrica » a été démolie récemment, la place ainsi nivelée fait désormais office de parking.

 

Jusqu’à novembre 2016, un bel ombra  y dispensait encore son ombre. Le bel ombra, phytolacca dioica, a fait son apparition en Corse dans la deuxième moitié du 19e siècle : originaire de l’Amérique du Sud, le bel ombra a été apprécié, et donc rapporté par nos ancêtres, pour son développement rapide et sa grande longévité. De très beaux sujets survivent encore rue Fred Scamaroni, ceux de Saint Roch ont disparu, celui de Porto-Vecchio, sur la place, se remet de la tempête de janvier 2012 ; à Cargese, à Piana ils font la fierté des riverains et le plaisir des visiteurs.

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Pour nous, ce n’est pas de la fierté, c’est la honte. Le bel ombra de la fabrique a été purement et simplement abattu … pour gagner quelques places de parking.

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Il y a quelques années, un arbre planté sur une terrasse de la marine, lors d’un aménagement municipal, avait été « coupé » par le restaurateur, pour mettre une table ou deux de plus…, nous l’avions dénoncé. Plus récemment, nous avions débuté ce blog avec le dégagement d’un euphorbe sur les remparts, au prétexte qu’il « bouchait » la vue d’un riverain..

Le bel ombra de la fabrique ne sera pas l’arbre de l’année 2016, à l’instar du pistachier de Ghisonaccia, du châtaignier de Zonza, de l’olivier de Monticello …2016 aura été son année de mort..

 

« Les arbres et les forêts passaient pour le suprême présent que la terre eût fait à l’homme » (Pline l’Ancien ). Et ces arbres rapportés par nos voyageurs racontent l’histoire de la Corse . 

Visiblement, le profit que génère ces parkings qui enlaidissent la ville, ses abords, ses sites les plus remarquables empêchent le particulier comme l’élu  d‘entendre cette histoire..

 

Qui écoute encore l’histoire du « boscu » : « il y a à Bonifacio une espèce de bois ou petit bois qui sert de promenade aux habitants. On y voit des chênes verts, des oliviers sauvages et des genévriers. Les troncs de ces arbres sont d’une grosseur singulière. On les conserve à cause de leur antiquité et il y a des défenses très rigoureuses de les dégrader ou de les abattre sous peine de galère ou d’avoir le poing coupé ». Incendié par les troupes en 1793, les souches restantes alimentant les feux de l’armée ensuite, interdisant de fait toute repousse , le bois a totalement disparu. (d’après « Bonifacio à travers ses rues et places » de François Canonici)

 

Reste une station exceptionnelle, et protégée ( !)  d’ornithogales d’Arabie, ou Etoile de Bethleem.  Qui fleuriront bientôt. Enfin, ce qu’il en reste : durant tout l’été, l’espace est rentabilisé à outrance, et l’on voit des dizaines de voitures garées sur les talus, sur le moindre bout de terre ou de végétation, dès que les places officielles sont occupées. Le principal étant que l’automobiliste passe par la case « caisse » en sortant.

Alors la végétation … et la beauté des sites ..

 

 

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02 octobre 2016

LE PLU "vertueux" de CAVADDU ANNULE

 

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Par un arrêt du 26 septembre 2016 , la Cour d'Appel Administrative de Marseille a annulé le jugement n° 1400161 du Tribunal Administratif de Bastia du 16 juillet 2015 et la délibération du conseil municipal de Bonifacio du 20 décembre 2013 portant approbation de la modification du plan local d'urbanisme de Cavaddu.

C'est une des nombreuses sociétés propriétaires de l'île, la société Cueva Azul Limited, immatriculée au Royaume-Uni, dépitée de voir son terrain classé en zone inconstructible car étant situé dans la bande des 100 m et en espace remarquable, qui avait saisi le Tribunal Administratif d'un recours contentieux tendant à l'annulation du PLU. Le TA ayant rejeté sa demande, la société avait fait appel.

 

L'arrêt de la CAA est implacable. Elle expose dans ses considérants :

 

-   L'absence d'évaluation environnementale

C'est une obligation légale pour les documents d'urbanisme qui permettent la réalisation de travaux, aménagements, ouvrages ou installations susceptibles d'affecter de manière significative un site Natura 2000.

Cavaddu est incluse en totalité dans 2 zones Natura 2000, dans la réserve naturelle des Bouches de Bonifacio, et couverte en totalité par une ZNIEFF de type 1, justifiée par la présence du cormoran huppé de Méditerranée, du puffin cendré et d'une flore originale. OR, la CAA considère que la présence de micro-zones afin de permettre l'achèvement ou la reconstruction d'une vingtaine de villas, la réalisation d'un projet comportant 1200 m2 de surface au sol, la possibilité de nouvelles constructions à usage technique, équipements collectifs, sportifs, de loisirs, seraient de nature à permettre une augmentation conséquente de la population fréquentant l'île et  seraient susceptibles d'entraîner des incidences significatives sur les sites Natura 2000.

Pour le Tribunal, la commune s'est bornée à dresser la liste des protections, et l'omission de toute réelle étude environnementale " a été de nature, en l'espèce, à nuire à l'information complète du public et susceptible d'exercer une influence sur le contenu de la décision finale de l'autorité administrative". La délibération approuvant la modification du PLU est ainsi " intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière".

 

- Le non -respect de la bande des 100m

En dehors des espaces urbanisés, les constructions sont interdites sur la bande littorale des 100m.

Or, sur des espaces supportant des "constructions inachevées ou à l'état de ruines, le règlement du PLU permettait des constructions à usage d'habitation. La CAA considère que ces espaces situés dans la bande des 100m ne constituaient pas des espaces urbanisés et que la possibilité de reconstruction ne peut être regardée comme permettant le simple réaménagement ou la réhabilitation de constructions existantes, "dès lors que la plupart des vestiges de bâtiments n'ont jamais été terminés et ne comprennent pour certains que des fondations et quelques murs".  En effet, la loi ne permet dans la bande des 100m que la "reconstruction à l'identique d'immeubles préexistants régulièrement édifiés et détruits depuis moins de 10 ans".

 

Des milliers de m2 ouverts à l'urbanisation, la constructions d'une vingtaine de villas, d'immeubles, d'équipements collectifs, sportifs, de loisirs, pour le plus grand bénéfice de sociétés "off-shore" et des propriétaires de 'l'île aux milliardaires ", avec à la clef une augmentation conséquente de la population : voilà ce qu'autorisait le PLU de Cavaddu dans un site magnifique au cœur de la réserve naturelle des Bouches de Bonifacio.

Par cet arrêt, la Cour d'appel de Marseille inflige un camouflet cinglant à la municipalité de Bonifacio qui vantait dans tous les médias un document mettant en avant des principes d' " arrêt de  la constructibilité et de retour à l'état de droit". Elle inflige un démenti tout autant cinglant au Préfet de la Corse du Sud, une fois de plus aux abonnés absents pour le contrôle de légalité, et qui qualifiait le PLU de Cavaddu, de "document exemplaire et vertueux".

 

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Pour mémoire la contribution d'ABCDE à l'enquête publique :

 

Le 10 septembre 2013 


Madame le Commissaire enquêteur 

Mairie de Bonifacio 20169 BONIFACIO 

Remarques de l'association ABCDE concernant l' enquête publique sur le projet de modification du plan local d'urbanisme de la commune de BONIFACIO, concernant l'île de CAVALLO 

Au préalable, il s'agit de préciser qu'il est difficile à notre association de juger de la pertinence de certains classements dans la mesure où il est impossible de se rendre sur les lieux, à l'exception du domaine public maritime et des espaces dédiés au commerce. 

La municipalité de Bonifacio a affirmé à de nombreuses reprises dans les médias sa volonté de "ne pas donner de constructibilité nouvelle" sur l'île de Cavallo.
Or, la lecture du dossier d'enquête publique, notamment le rapport de présentation et le règlement des zones, nous démontre qu'il s'agit plus de planifier une urbanisation à venir importante au regard de la superficie et de la fragilité des milieux, que de mettre réellement un terme à la constructibilité de ce secteur emblématique de Bonifacio et de la Corse. 

Il sera possible d'après les documents : 

En zone U, de densifier et d'étendre l'urbanisation. Il est nécessaire de préciser que "140 points de connexion d'eau et d'électricité ont été répertoriés en 2012".
En UK : de permettre l'évolution du secteur du port. Des constructions à destination commerciales seront admises si elles n'excèdent pas 300 m2. 

En UK1: d'autoriser des aménagements sur des constructions existantes (ce qui est prévu par la loi), mais aussi la démolition et la reconstruction avec une implantation différente, y compris pour un motif d'ordre paysager.
En UK2 : de permettre l'achèvement ou la reconstruction de bâtiments inachevés ou à l'état de ruine, évaluées au nombre de 18 (dont certaines supérieures à 300 m2). 

En UK2a : de permettre la constructibilité en contrepartie de l'éradication de ruine pour une surface de plancher limitée à ... 950 M2 dont une partie à 2 niveaux.
Pour ces dernières zones, les documents font état à plusieurs reprises de "constructions inachevées ou à l'état de ruine". Il aurait été souhaitable d'utiliser la notion de "constructions régulièrement ou irrégulièrement édifiées, pour autoriser ou refuser selon les cas leur'' "achèvement ou reconstruction", voire leur reconstruction avec une implantation différente. 

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Par ailleurs, de nombreuses reconstructions seront permises alors qu'elles sont éloignées de toute urbanisation et situées dans la bande des 100 m.
Plus généralement, certaines de ces zones sont illégales au regard de la loi littoral ( L.146-4, L. 146-6), et on ne peut pas constamment invoquer le fait que "la constructibilité est réduite de moitié par rapport aux dispositions du PLU de 2006" (notoirement illégal et qui n'est jamais entré en application), pour se dispenser d'appliquer la loi. 

En zone naturelle NN le PLU admet :
-la possibilité "d'aménager des terrains pour les activités sportives et de loisirs de plein air" -des constructions ou installations nécessaires à des services publics ou à des activités économiques exigeant la proximité immédiate de l'eau
-des constructions et installations nécessaires et directement liées à l'exploitation agricole ou forestière
-des constructions, ouvrages et installations nécessaires à l'implantation d'éoliennes.
En NNe : la "réhabilitation des anciennes citernes afin de créer un équipement d'intérêt collectif et d'animation sur l'île".
En NNh : des constructions nécessaires et directement liées à l'exploitation agricole, ainsi que l'aménagement, l'extension ou la surélévation des constructions existantes.
En NNp, secteur du port : il était nécessaire de prendre en compte les installations du port, digues et pontons qui n'étaient pas zonés. Toutefois, le nouveau PLU va permettre la réalisation d'installations et de constructions nécessaires à l'activité du port.
En NNs, secteur de la station d'épuration : il était nécessaire de prendre en compte l'emprise de la station d'épuration et les ouvrages directement liés à son fonctionnement. Cependant, le nouveau PLU va également autoriser des constructions nécessaires à "l'entretien et au gardiennage des installations collectives de l'île, et de l'hébergement des personnes chargées de cette gestion dont la présence sur l'île est nécessaire, y compris l'hébergement du personnel saisonnier". 

On constate que le document a mis pleinement en œuvre la possibilité pour les communes de délimiter en zone NN des secteurs autorisant des installations sportives et des équipements publics. C'est oublier que ces constructions ne peuvent pas être compatibles avec la vocation naturelle du site et encore moins compatible avec la nature exceptionnelle de l'île de Cavallo. C'est oublier aussi que l'île entière est couverte par de nombreuses protections et intégrée dans la ZIEFF N° 940004116 de type 1. Or, les ZNIEFF de type 1 sont inconstructibles en application du Schéma d'Aménagement de la Corse de 1992 valant Directive Territoriale d'Aménagement. 

Enfin, le caractère public ou d'intérêt collectif de certains équipements nous échappe entièrement, vu le contexte de privatisation de l'île. A cet égard, de nombreuses notions employées dans le rapport de présentation sont floues: si l'objectif affiché est de veiller au respect de" l'accès aux plages", s'il est fait état de" plages accessibles", de "chemin le long du littoral", aucune cartographie n'existe concernant la servitude légale de passage des piétons le long du littoral. Une délimitation du DPM aurait pu être envisagée au cours de la procédure. La création de servitudes publiques à l'intérieur de l'île (ainsi que le prévoyait une délibération du conseil municipal du 28 juin 88) aurait eu le mérite de faire "rentrer l'île dans le droit commun" et de se "réapproprier cette partie intégrante du territoire insulaire". 

Pour l'association ABCDE Vincente Cucchi 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17 juin 2015

PADDUC : LA CONTRIBUTION DE CHACUN A L'ENQUETE PUBLIQUE EST INDISPENSABLE !

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15 juin 2015

Espace remarquable "oublié" à Balistra

PADDUC : une partie d’ERC manque à Balistra (Bunifaziu/Bonifacio)

Un autre espace jugé remarquable par les juges administratifs n’a pas été pris en compte dans la cartographie et les fiches sur la commune de Bunifaziu 

L’arrêt de la Cour administrative d’appel de Marseille (jugement du 21 mai 2010, n°07MA03641) a annulé le zonage UL3b du PLU de Bunifaziu, sur la base du L 146-6 : “paysage remarquable, largement boisé, quasiment vierge de toute construction”. Le zonage Ulb3 est également une znieff de type 2.

 

 

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La superficie couverte par ce zonage aurait donc du être intégrée à l’ERC  2A 64.

 

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Ce classement en ERc aurait également l’avantage d’y empêcher toute nouvelle tentative de construction. Les associations ABCDE, U Polpu, U Levante et GARDE vous demandent, Monsieur le Président, Messieurs les Commissaires, d’émettre un avis favorable à l’intégration de ces parcelles jugées espaces remarquables à Bonifacio/Balistra

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08 avril 2015

PORT A SEC OU ZONE HUMIDE ??

La dernière mouture du bulletin municipal nous invite à "mieux comprendre"les zones humides. Que comprendre alors du comblement de la zone humide de Sant'Amanza? En plusieurs étapes ...avec la "discrétion" qui entoure les aménagements et l'urbanisation de Sant'Amanza, l'espace remarquable tel qu'inscrit sur les documents d'urbanisme a été afouillé, tractopellé, busé, nivelé. Une zone humide détruite pour être transformée en palte-forme, un parking.

Plus de détails :

 

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Et pourtant ...

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Comprenne qui pourra ...

 

 

 

 

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24 août 2014

PETITION : une signature convaincue et convaincante

 

 

 

Le OUI

 

 

 

du Directeur de l’environnement en Corse

 

 

au

 

 

maintien de l’inconstructibilité des ZNIEFF

“C’est une joie pour moi de signer la pétition de 2014 qui tend à pérenniser ce que j’ai voulu en 1990/1991 et obtenu en 1992 mais je vois bien la menace… Bon courage dans votre combat infini.”

http://www.avaaz.org/fr/petition/Collectivite_Territoriale_de_Corse_Sauvons_la_biodiversite_des_ZNIEFF_1_en_Corse_des_appetits_immobiliers/?txVbjbb

C’est en ces termes que Monsieur Eric Binet, directeur régional de l’architecture et de l’environnement en Corse (DRAE, ex-service de l’Etat), rédacteur du SAC (schéma d’aménagement de la Corse) de 1992, qui vaut toujours actuellement directive territoriale d’aménagement (DTA), a signé la pétition qui demande que les ZNIEFF 1 restent inconstructibles”.

De la DRAE de 1992 à la DREAL de 2014, le virage à 180 degrés de l’Etat et de son service environnement :

Aujourd’hui l’Etat, le Préfet et la DREAL ainsi que le président du Conseil scientifique regional du patrimoine naturel de la Corse (nommé par l’Etat) ne veulent pas reprendre cette protection. Officiellement les znieff ne sont que des inventaires sans conséquences. Mais alors à quoi bon ces inventaires? A payer des bureaux d’étude avec l’argent du contribuable puis à laisser construire et tuer tout le vivant qui caractérise la znieff?

Position absurde mais extrêmement efficace quand le but – non avoué mais constaté chaque jour – est de poursuivre encore et toujours la résidentialisation de la Corse. Pour des gens très fortunés précisons-le. Car qui habite, par exemple, les villas construites sur la colline de Piantarella, znieff de type 1? Surement pas Monsieur tout le monde!

Monsieur Binet est un grand monsieur. Il a appliqué avant l’heure la notion de “développement durable” et protégé la nature (c’était son rôle mais aussi sa volonté) en Corse, île aux très nombreuses et rares espèces endémiques végétales et animales. Il a apporté une précision (légale !) à la loi Littoral et inclus dans la liste des espaces remarquables inconstructibles les ZNIEFF.

Bien entendu le tribunal administratif a appliqué la DTA et sauvé du béton quelques znieff suite aux recours associatifs. Car quelle espèce végétale ou animale résiste au béton, au comblement de la zone humide, au déboisement? Aucune bien sûr et ainsi chaque fois les espèces perdent un peu de leur habitat.

Si vous ne l’avez pas encore fait, signez la pétition! Agissez pour la biodiversité! Empêchez la spéculation qui sera possible demain sur le littoral corse si les ZNIEFF deviennent constructibles!

 

 

 

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23 août 2014

ESPACES REMARQUABLES CONSTRUCTIBLES !? L'HEURE EST GRAVE

Les Zones Naturelles d’Intérêt  Faunistiques et Floristiques (en abrégé ZNIEFF)  ont été établies par un inventaire scientifique.  Une démarche scientifique aussi rigoureuse que celles qui incitent à la vigilance dans nombre de nos actions quotidiennes : les aliments que nous consommons, l’air que nous respirons,  les tissus que nous portons, les ordures que nous enfouissons ou brûlons, les ressources naturelles que nous épuisons.

Loin d’être des « fantaisies d’écologistes passéistes » ces études scientifiques conduisent à limiter voire interdire des produits ou des procédés démontrés dangereux pour la santé humaine, tant au niveau national, qu’européen et parfois mondial.  Malgré la réticence des industriels.

 

Ces ZNIEFF, réservoirs de biodiversité et donc d’avenir,

au prétexte  du « développement économique » font l’objet de

« modernisation, assouplissement, toilettage »

alors qu’elles constituent l’un des piliers de la Loi Littoral.

Le Plan d’Aménagement et de Développement Durable de la Corse (PADDUC) 

propose de rendre constructibles certaines de ces ZNIEFF de Type 1.

 

L’heure est grave 

 soyons très nombreux à signer la pétition ci-après contre l’abrogation d’une protection essentielle pour nos espaces remarquables littoraux.

 

Le Collectif pour la Loi Littoral lance une grande pétition en ligne

Sauvons la biodiversité des ZNIEFF 1 en Corse des appétits immobiliers!”

Le projet de Padduc en Corse prévoit d’enlever les protections sur les ZNIEFF 1 afin de les rendre constructibles et de laisser la porte ouverte à de pharaoniques projets immobiliers…

Les ZNIEFF de type 1 qui sont des secteurs de grand intérêt biologique ou écologique répondent à la définition des espaces remarquables. En Corse, elles sont inconstructibles depuis 1992 en tant que précision de la loi Littoral du Schéma d’Aménagement de la Corse.

Cette inconstructibilité est aujourd’hui très menacée par des projets immobiliers de grande ampleur. Parmi les sites emblématiques menacés, on trouve : la Testa Ventilegne à Figari, Arone à Piana, le littoral de Verghja avec l’ancien pénitencier sur Coti Chjavari (projet immobilier sur 137 ha avec villas de 400 m², golf 18 trous).

Des espèces rares voire endémiques sont menacées pour permettre à certains de bénéficier de résidences secondaires de grand luxe avec vue sur mer.

Le Collectif pour la Loi Littoral regroupant plus de 30 organisations demande à la Collectivité Territoriale de Corse de garder le statut d’inconstructibilité totale des ZNIEFF de Type 1 littorales.

La Collectivité Territoriale doit impérativement réaliser un Padduc dans l’intérêt de toute la Corse et non pas sacrifier nos plus beaux et nos plus rares espaces au seul bénéfice de quelques privilégiés.

Nous devons agir rapidement car le vote du Padduc est prévu en septembre.

Signez cette pétition urgente maintenant

nous la remettrons à l’exécutif de la Collectivité territoriale de Corse.

 

 

 

 

 

 

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Lu dans Le Canard Enchainé

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