ABCDE à Bonifacio

30 janvier 2019

M. MELA, Maire de Porto-Vecchio condamné pour abus de droit

Copie de Littoral-en-béton

Suite au reportage du journaliste Nicolas Vescovaccio, diffusé par Canal Plus en février 2013, M. Mela, déjà maire de Porto-Vecchio, était persuadé qu'il pourrait faire condamner Vincente Cucchi, présidente d'ABCDE, pour diffamation.

M. Mela estimait son honneur gravement atteint ..

 

Six ans de procédures baillon, pour faire taire Vincente Cucchi et les associations de défense de l'environnement qui empêchent de bétonner en rond.

Ati Lantieri, en 2007, alors maire de Bonifacio s'était déjà livré à cette pitoyable manoeuvre, espérant faire condamner Vincente Cucchi à des dizaines de milliers d'euros, ainsi que le journal Le Point. Débouté, il fut condamné à s'acquitter des frais de procédure...

Pour M. Mela les choses s'aggravent, puisqu'il a été non seulement débouté de ses demandes mais condamné pour procédure abusive:

" Toutefois il n'est pas contestable que Monsieur Mela n'est pas visé par les propos tenus par Madame Cucchi. Dans ces conditions, ce dernier ne peut prétendre avoir pu se méprendre sur l'étendue et la portée de ses droits, et, partant, sa constitution de partie civile doit être considérée comme abusive. Monsieur Mela sera justement condamné à lui verser une somme de 5000 euros à titres de dommages et intérêts." (extrait du jugement du 08/01/2019, TGI de Paris,17eme Chambre)

Rappelons que les associations de défense de l'environnement rassemblent des bénévoles qui oeuvrent pour le bien commun. Tenter de les faire taire ou de les ruiner ne procède visiblement pas de la même démarche. La justice ne s'y trompe pas ...

 

 

 

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11 janvier 2019

Scandola en danger

                         

 

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                    ABCDE apporte son soutien total à Jean -Marie Dominici

 

Jean -Marie Dominici vient de faire l'objet de tags ignobles. Pourquoi ? Parce qu'il refuse de sacrifier la réserve de Scandola aux appétits marchands de ceux pour qui cette réserve n'est qu'une inépuisable pompe à fric et rien d’autre.

 

Et dans ce combat pour sauver cette réserve du désastre annoncé , force est de constater que Jean -Marie est bien isolé seul pour ne pas dire totalement isolé.

 

Certes, les élus nationalistes ont apporté leurs soutiens « indéfectibles ».

 

Mais dans ce genre de conflit les mots, les paroles, les promesses d'actions  ne suffisent plus . La situation critique de la réserve de Scandola est dénoncée depuis plusieurs années avec les conséquences dramatiques sur la faune et son emblème, l'aigle balbuzard qui ne se reproduit plus.

 

Il est temps pour la CdC de passer aux actes et de peser de tout son poids pour que soit mis fin à cette atteinte grave à l'environnement de cette réserve .La défense de ce bien commun doit l'emporter sur les intérêts privés qui menacent Jean -Marie et l'avenir de ce patrimoine naturel.

 

Ce qui suppose que la CdC mette en œuvre  une politique volontariste pour réduire de manière drastique  les flux touristiques à Scandola  quitte à contredire, frontalement, les intérêts financiers de ceux qui exploitent sans vergogne la beauté de cette réserve .

 

Jean -Marie ne sera alors plus seul et la Scandola pourra, peut-être, sauver son label de réserve et surtout la nature reprendre ses droits !

 

 

 

 

A lire pour plus d’info :

https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/oiseaux/corse-une-population-de-balbuzards-pecheurs-en-danger_130365

 

 

 

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01 janvier 2019

Notre Assemblée Génrale

En fin d’année, ABCDE a tenu son assemblée générale,  quelques membres de notre association ne pouvaient être présents et avaient donné pouvoir,

 

Après le partage d’un  spuntinu  -circuit court, rayon maximum de l’approvisionnement trente kilomètres, pour l’essentiel, jardin, pêche, vigne et boulange-, vint le tour d’horizon et bilan des activités et des finances, et le débat pour les perspectives à venir. Qui  furent également et largement commentés et amendés par les participants.

 

L’année écoulée depuis notre dernière assemblée s’est inscrite dans une année électorale, une de plus .., dont le terme offre une vision gravement attentant à l’environnement social, à la nature et au cadre de vie,   Sans que pour autant, nos élus (au suffrage universel comme ils se plaisent tant à le répéter)  n’entendent aussi nos voix, associations, militants, électeurs et nos alertes, pire encore  bafouent ouvertement la légitimé de ce même suffrage.

 I-              A ce titre, le PLU de Bonifacio, en révision non révisée, l’adéquation avec le Padduc avant octobre 2018 non effectuée, et dont l’issue , avant les prochaines élections, municipales, venir, tient de « la chance de gagner à L’Euromillions » selon les termes du maire de la commune…

Rappelons quand même qu’il s’agit « juste » d’un plan local d’urbanisme -à ajuster sur une trame déjà très précisément dessinée et « encadrée par les dispositions réglementaires »- : soit l’organisation spatiale d’une communauté et de son territoire, de sa vision d’avenir, adopté au regard de la loi et par expression démocratique.

 

Pour exemples de ces atteintes, -dont les collectivités locales ou territoriales et les services de l’Etat se renvoient la responsabilité, sans pour autant les faire cesser- à notre environnement et pour notre seule commune de Bonifacio, entre autres :

 

-Sant’Amanza : projet communal en mer, rétrocession du DPM à la commune, enquête publique, règles de la sous-concession, le flou continue.

-Caneto , constructions sans permis, ou constructions complètes sur seule déclaration de travaux.

-Le PLU de Cavallo, illégal mais toujours fructueux pour les bétonneurs

-Une pléiade d’accords de permis de construire pour des résidences secondaires,  (sous forme le plus souvent de « lotissements » qui n’en ont plus même le nom ni les caractéristiques,  à priori et à minima, encadrées.) 

-………….

 II-            Le PADDUC, plan d’aménagement et de développement durable et urbain de la Corse,

 

L’une des grandes orientations (notamment à propos des communes littorales) était l’inversion du rapport entre résidences secondaires et résidences principales. Soit un aménagement  du territoire commun et non son occupation/marchandisation.

Cette orientation fondamentale du PADDUC n’est pas mise en œuvre ; en l’absence de geste fort  contre la spéculation immobilière, celle-ci dûe à la progression et la saturation de certaines zones par les résidences secondaires, on assiste à un éparpillement de projets, constructions, parcellisation de l’espace à visée exclusivement marchande. Dévorant totalement et indifféremment : espaces remarquables, agricoles, boisés et classés à ce titre, naturellement exceptionnels, maritimes..

 

Où est la politique foncière pour appliquer enfin le plan d’aménagement et de développement durable de la Corse ? : «  La loi que les Corses se sont donnée », un texte que nos élus ont eu tout le temps nécessaire pour apprécier avant que de le voter à l’unanimité.

La remise en cause permanente du PADDUC ne fait qu’augmenter la dérive mafieuse.  

 

III-          Au rang de ces atteintes à la nature et au cadre de vie, on notera la destruction par des moyens mécaniques disproportionnés des milieux naturels, dessouchage et brûlage d’une importante couverture végétale,  chênes verts, oléastres, genévriers de Phénicie, laissant une terre désolée où ne subsistent que des amas de pierres.

La destruction et l’artificialisation d’espaces proches du rivage, à Sant’Amanza particulièrement, mais aussi Tonnara, Cala Longa, (bientôt Piantarella), en vue d’hypothétiques aménagements touristiques

La surfréquentation tous azimuts du territoire bonifacien, de la Réserve des Bouches de Bonifacio, totalement déniée par les gestionnaires comme par les élus. Etc. .

L’artificialisation programmée de zone d’espaces remarquables ou espaces naturels dans un site emblématique pour parking, encore. (source Corse-Matin)

Une politique des déchets erratique ..

On a appris par la presse que Sperone ne recevait pas finalement les eaux usées de la STEP ? Alors que solution exemplaire, inaugurée avec force communication avec les ministres de l’environnement, le coût des travaux à la charge du denier public, quid des eaux usées, quid de Sperone sur ce dossier ?

Une urbanisation galopante alors même que la station de traitement des eaux n’a pas été dimensionnée … ?

 Après l’approbation, à l’unanimité, des comptes de l’association, libre de toute subvention,   dont les fonds ne proviennent que de nos cotisations, le débat a roulé sur les perspectives :

- maintenir notre veille, déférer éventuellement les permis de construire manifestement illégaux, continuer le dialogue avec les services de l’Etat (quand la collectivité locale semble sourde)

- alimenter plus régulièrement ce blog, chacun est invité à y participer, afin qu’ABCDE soit plus visible dans ses engagements.

 

             

 

                 Forte de ces échanges, l’association ABCDE adresse à chacun

 

 

                                      

UN AN 9

DYNAMIQUE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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06 décembre 2018

à l'écoute ...

 

Etat des lieux du réchauffement climatique (4/4) : En Corse, une faune et une flore bouleversées

Dans les stations météorologiques, comme Ajaccio ou Bonifacio, depuis le début du siècle, on voit très très nettement qu'il y a une augmentation de température moyenne annuelle de 1°. Patrick Redillout Comment anticiper sur les conséquences des déséquilibres climatiques, les effets de la montée du niveau de la mer, l'accélération de certains phénomènes d'érosion ou de modification de la biodiversité ?

https://www.franceculture.fr


"On assiste déjà à des mortalités massives d’un certain nombre d’espèces, dues simplement à une augmentation de la température des eaux". Christine Pergent

"30 % du couvert végétal sur Scandola est mort." Jean-Marie Dominici

 

 

 

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03 décembre 2018

UN MENSONGE EN BETON

                                                                      Des résidences si peu primaires ...

 

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A écouter certains maires, à cause « de la superposition des contraintes issues des lois Littoral, Montagne, Alur, Grenelle » il devient très, très difficile de construire en Corse.

 Cette accusation est présentée dans les médias comme une évidence incontestable que seules les associations de défense de l’environnement, aveuglées par leur mauvaise foi ou leur ignorance, osent nier.

 

Et cette accusation est tellement fondée que les plus hauts représentants de l'Exécutif ont proposé, pour mettre fin à cette paralysie  de leurs initiatives en termes d'aménagement ,de débattre « d'éventuelles adaptations législatives ou réglementaires dans une logique d'ensemble qui ferait l'objet d'un large consensus » tout en « respectant les fondamentaux ». Nous savons à quel point la « défense de la terre est dans les gènes » de nos élus nationalistes. 

Pourquoi donc s'inquiéter ?

Pas de procès d'intention : si l'Exécutif a pris pour argent comptant ce réquisitoire inlassablement répété contre ces fameuses contraintes ce n'est pas du tout pour satisfaire les électeurs en vue de prochaines échéances électorales.  Non, c’est forcément parce qu'ils avaient en main les preuves objectives des conséquences néfastes du respect de ces fameuses contraintes : les statistiques de l'INSEE qui, elles, sont incontestables.

Examinons-les !

Dans son rapport du  26/06/18, l'INSEE constate :

 

« Depuis 2010, la Corse gagne 5020 logements supplémentaires par an soit une augmentation annuelle moyenne de 2,2%.La région enregistre la plus forte croissance du parc de logements de France métropolitaine, devant l'Occitanie et les Pays de Loire »

 

Pourtant l'INSEE prévoyait, en 2015, que compte tenu de l'évolution prévisible de la population, « il faudrait construire 70 000 logements dans la région d'ici 2030 soit 3300 logements par an. Parmi eux 40 000 couvriraient les besoins en résidences principales et 22 000 ceux en résidences secondaires. »

Or , malgré les fameuses « contraintes » , le rythme de construction est en moyenne de 5000 logements par an soit 2000 de plus que nécessaire pour faire face à cette progression de la population, d'où ces magnifiques résultats qui font pâlir d’envie les communes du continent :

 

S'agissant des résidences principales : « depuis 2010, leur nombre progressé à un rythme annuel moyen de 1,7% plus rapide que la moyenne métropolitaine (+0,9%) mais si « le parc des résidences principales se développe dans la majorité des communes, il baisse surtout pour celles éloignées du littoral ».

 

Les résidences secondaires : « la progression des résidences secondaires s'accentue : entre 2010 et 2015, le parc des résidences secondaires croît à un rythme annuel moyen de 3,3% soit trois fois plus rapidement que pendant la période 1990-1999(....) le rythme de croissance du parc de résidences secondaires est supérieur à celui des résidences principales. Il est deux fois plus élevé dans la région »

 

« En raison d'une forte pression touristique sur l'île, la contribution des résidences secondaires à l'augmentation du parc de logements est plus importante que partout ailleurs en métropole : 54,3% contre 11,2% en moyenne métropolitaine. En outre, avec 90 160 logements, la part des résidences secondaires est la plus élevée des régions métropolitaines, soit 37,2% contre 9,6% au niveau national. Elle dépasse largement celle de Provence-Alpes-Côte d'Azur (17,7%)  et d'Occitanie (15,7%) »

On comprend la disparition du « Collectif loi littoral » ! à quoi servirait-il désormais?

 

Les logements sociaux ou la preuve de la faillite sociale :

En 2015 , l'INSEE constatait : « l'importance de la construction de résidences secondaires en Corse constitue un facteur important de consommation de l'espace qui participe à une hausse du prix du foncier » En clair ,l'importance des résidences secondaires est un facteur déterminant de la spéculation immobilière et pendant ce temps là 32 700 corses vivent au sein de logements sur-occupés (12,4% de la population) .« la Corse est la troisième région la plus touchée par la sur-occupation » D'où ce magnifique résultat concernant les logements sociaux : « Néanmoins, avec 8,6% du parc de résidences principales, leur part est la plus faible des régions françaises. » 

 

On mesure là les résultats incontestables de la politique « sociale » de nos élus !

 

Nos élus qui sont « à l'écoute de notre peuple » devraient d'ailleurs lancer la campagne « sociale »suivante :

 

 « 32 700 Corses vivant dans logements sur-occupés cherchent résidences secondaires désespérément ! »

 

La Corse est saturée de résidences secondaires malgré ces prétendues contraintes mais elle détient le record du plus faible taux de logements sociaux... à cause des contraintes ou de la spéculation immobilière ??

 

                                                                               Conclusion :

 

Les statistiques de l'INSEE sont cruelles dans leur vérité objective.

Elles prouvent que les élus qui dénoncent les effets négatifs de la superposition des contraintes issues des lois Littoral, Montagne, Alur , Grenelle, mentent sciemment au peuple Corse.

 

                                                  Nos élus n'ont jamais autant pu bétonner !

 

La spéculation immobilière fruit , justement , de la violation de ces lois et du Padduc, n'a jamais été aussi forte et la part ridicule des logements sociaux illustre cette faillite morale et politique que connaît la Corse et qui s'est traduite , il y a peu , par le vote de la modification du Padduc pour permettre à nos élus de tripatouiller la carte des Espaces Stratégiques Agricoles : un processus d'une durée de 12 mois, au lieu de 3, pour leur permettre de satisfaire leur soif insatiable de béton !

                                  La « maison de cristal » est devenue « la maison du béton » !

 

 

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30 novembre 2018

Une trahison du PADDUC « exemplaire ».

                        

                                       Plan Local d’Urbanisme de Furiani : une trahison du PADDUC « exemplaire »

 

                                         Nos élus sont capables d'une créativité remarquable  lorsqu'il s'agit de ravager 

      les terres agricoles pour satisfaire les appétits (bétonniers) de leurs électeurs.

 

                                                      Vous en doutiez encore ? Un cas d’école, un de plus :

 

Le PLU de Furiani  vient d'être présenté en CTPENAF (Commission territoriale de préservation des espaces naturels agricoles et forestiers), chargée, notamment, de « préserver les espaces naturels, agricoles et forestiers ».

 La Collectivité de Corse et Mme la Préfète, l’ont approuvé, sans réserve.

 

Rien  de plus normal si ce PLU est compatible avec le Padduc et la loi Littoral !

 

Vérifions :

 

Ce PLU consomme des Espaces Stratégiques Agricoles afin de les ouvrir à l'urbanisation.

Le document  doit donc démontrer que l'évolution de la population d'ici 2030 justifie cette artificialisation et qu'il n'a pas d'autres solutions que de consommer ces espaces compte tenu du foncier encore disponible.

 

Dans son avis du 18/11/2018 la MRAE (Mission Régionale d'Autorité Environnementale) dénonce le fait que les données démographiques produite dans ce PLU sont totalement obsolètes : « ce manque de données récentes prive d'arguments pertinents la justification des choix en termes d'ouvertures à l'urbanisation » .

 (L'avis précise encore : « le manque d'analyse de la potentialité nette du tissu urbain existant à accueillir de nouveaux logements ne facilite pas la bonne compréhension des besoins de Furiani en extension d'urbanisation »)

 

La CTPENAF dispose exactement des mêmes éléments et des mêmes données que la MRAE pour constater que l’évolution annoncée de la population dans le PLU repose sur des statistiques dépassées et inexactes.  

               La CTPENAF n’avait, à l’évidence,  d’autre alternative que de rejeter cette demande

                              d’ouverture à l’urbanisation sur un Espace Stratégique Agricole.

 

  Il n'en fut rien !

Cette absence de justification sur une donnée déterminante fut écartée, jugée  sans importance !

Ces espaces (ESA)  dont le Padduc, dans le texte adopté à la majorité,  « n'admet pas le changement de destination »  seraient donc détruits, bétonnés…?

 

Comble de cynisme dans la violation du Padduc, ce PLU, approuvé sans réserve,  propose pour « compenser » cette  consommation des ESA …

… 32 ha de terres situées sur le cordon lagunaire.

La bonne farce : ce sont des terres sablonneuses, quasiment de la plage, ne répondant en rien aux critères d‘un espace stratégique agricole tels que défini par le PADDUC (faut-il le rappeler, adopté à la majorité..) 

                              Et s’il en fallait encore, ces terres sont  propriété du Conservatoire du littoral !

 

                                 Ce type de violation quasi « surréaliste » du Padduc est un cas unique.

                                              Un prototype ? Un ballon d'essai ?              

 

                      Mais ce PLU a bel et bien été approuvé par le représentant de la CdC, co-président de la CTPENAF!

 

 

 

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25 juillet 2018

Chronique d'une destruction annoncée des Espaces Stratégiques Agricoles

 

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Chronique d'une destruction annoncée des Espaces Stratégiques Agricoles

ou

Quand la « Maison de cristal » devient très opaque.

Le Jugement du Tribunal Administratif et ses conséquences :

Suite à l'annulation de la cartographie des Espaces Stratégiques Agricoles du Padduc par le Tribunal Administratif au mois de Mars 2018, le Président de l'Agence de l'Urbanisme et le Président du Conseil Exécutif de Corse ont décidé de lancer « une procédure de modification du Padduc pour le rétablissement de la carte des Espaces Stratégiques Agricoles ».

Quoi de plus normal, semble t-il, puisque le Tribunal Administratif a annulé le 1er Mars 2018 cette carte. C'est exact mais uniquement suite à une erreur matérielle commise par les responsables de la CTC alors aux responsabilités : « Il est constant que, pendant l'enquête publique , deux jeux de cartes des ESA (...)ont été successivement mis à disposition du public , l'un du 4 au 27/05/2015 comportant une extension maximale des ESA, correspondant à la localisation des ESA telle qu'envisagée à ce stade par la CTC, le second à partir du 28/05/2015 et jusqu'à la fin de l'enquête, comportant une extension réduite, qu'il il n'est pas plus contesté que la présence au dossier de la carte dans son deuxième état résulte d'une erreur de l'autorité organisatrice de l'enquête qui n'a jamais été corrigée. »

Faute de l'avoir corrigée, et cela aurait du être d'ailleurs fait avant le passage devant le TA, la carte a donc été, logiquement, annulée.

Comment corriger cette erreur ?

Pour corriger cette erreur matérielle une solution très simple est à la disposition de l'Exécutif : il suffit de faire adopter, à nouveau, par la CdC, la première carte des ESA qui est le résultat d'une concertation avec les maires, en retirant uniquement les quelques hectares d'ESA annulés par le TA sur la commune de Peri, puis de remettre aussitôt cette carte en enquête publique. C'est une solution parfaitement légale, rapide, démocratique et claire. Durant cette enquête les maires, et les particuliers, pourront exposer toutes les demandes de rectifications de la carte des ESA qu'ils estiment justifiées en apportant la preuve que, depuis le vote du Padduc, certains espaces agricoles ont été artificialisés.

L'Exécutif en a décidé autrement.

« Toutefois, afin de viser la meilleure prise en compte de la réalité et de l'actualité de l'urbanisation, la Collectivité souhaite mettre l'accent sur l'association des communes et intercommunalités »

« Toutefois , compte tenu du sujet éminemment sensible qu'est la cartographie des ESA et de la vitesse de l'évolution de l'urbanisation qui rend rapidement obsolètes les données en la matière, la Collectivité fait le choix d'associer les diverses personnes publiques, organismes et organisations en amont de la délibération du Conseil exécutif, en plus de leur saisine obligatoire en aval, afin de limiter tout nouveau risque de contentieux et toute erreur manifeste d'appréciation liée à une urbanisation récente de l'espace »

« Une réunion sera organisée dans chacune des 19 intercommunalités, associant l'ensemble des communes et des PETR concernés » 

On remarquera au passage l’incohérence de l'argumentaire puisque d'un côté on met en avant le risque lié à « la vitesse de l'évolution de l'urbanisation qui rend rapidement obsolètes les données en la matière » tout en faisant le choix du processus le plus long, au minimum un an, supposé déboucher sur une carte des ESA fiable ! Comment justifier une telle stratégie ? En droit rien n'oblige leurs auteurs à l'adopter! Gagner en fiabilité en écoutant les demandes des maires et de 19 intercommunalités en « amont et en aval » de la délibération de l'Exécutif ?

Selon le Président de  « Toutefois , compte tenu du temps écoulé depuis la première enquête publique et l'entrée en vigueur du Padduc, des mises à jour de l'artificialisation des sols seront nécessaires, d'autant plus que des critiques fondées avaient déjà été émises concernant la prise en compte de certaines constructions et infrastructures ». Mais c'est occulter que la cartographie des ESA du Padduc a été reconnue pour chaque cas examiné par le Tribunal Administratif, tout à fait pertinente puisque, à l'exception de celle de Peri pour quelques hectares, toutes les communes ont été totalement déboutées de leurs demandes d'annulation des ESA sur leur territoire ! En réalité le Tribunal Administratif a apporté la preuve , à travers tous ses jugements rendus en Mars et Avril 2018, que la cartographie des ESA du Padduc était fiable, opposable à tous, y compris aux maires faibles ou corrompus !

Et à supposer que depuis le vote du Padduc certaines zones agricoles aient été artificialisées, l'enquête publique est justement destinée à permettre aux maires d'apporter ces informations, d'en justifier et obtenir ainsi les rectifications nécessaires. Ils disposent de tout le temps nécessaire au cours de cette enquête pour le faire. Nul besoin objectif de les entendre et de négocier avec eux ou les 19 intercommunalités en « amont et en aval » de la délibération de l'Exécutif !

Quand un maire présente son PLU en CTPENAF (commission territoriale de préservation des espaces agricoles et forestiers ) il a tout à fait la possibilité d'apporter les preuves que telle ou telle zone a été classée à tort en ESA parce que déjà artificialisée. Le Président de l'AUC qui co -préside cette commission l'a t-il oublié ?

Alors pourquoi le choix d'un tel processus , si compliqué , si long , si opaque ?

Pourquoi rencontrer les maires hors enquête publique « et  en amont et en aval » de la délibération de l'exécutif pour corriger cette erreur matérielle ? Pourquoi leur tenir la main ? Ils ont besoin d'une telle assistance répétée de l'agence de l'Urbanisme pour identifier sur leurs communes les ESA artificialisés sur lesquels il y aurait « des constructions et infrastructures » ? C'est si compliqué ?

Non ! D’autant plus que durant 2 ans l’Agence est déjà allé à la  rencontre de toutes les intercommunalités. On peut donc légitimement penser que ces concertations en amont et en aval n'ont pas du tout pour objet de rectifier ces erreurs si elles existent, ce qui reste à prouver ! On peut craindre qu'en réalité dans le cadre du processus retenu, les maires vont pouvoir, hors enquête publique, négocier avec les représentants de l'Exécutif l'artificialisation d' ESA y compris celle à venir comme stipulé dans le Rapport, Chapitre 3.1.2.1 «  c'est pourquoi la procédure de modification est adaptée à l'évolution projetée »  notamment, grâce à des « compensations » concoctées par l'Agence de l'Urbanisme et faire ainsi leur marché clientéliste ?

Tant de maires se plaignaient du Padduc qui les empêchaient de satisfaire les demandes pressantes de leurs électeurs... les municipales arrivent, il est temps de les entendre ! Il n'est nul besoin d'être devin pour annoncer que ces maires vont pouvoir rendre constructibles des terrains qui ne le sont pas... à cause du Padduc et l'Exécutif pourra dire aux futurs électeurs des « Municipales » : grâce à nous vous pouvez vendre vos terrains !

Bref les justifications avancées par l'Exécutif ne tromperont personne! Il s'agit à travers la mise en œuvre de cette modification opaque du Padduc de sa trahison pure et simple au profit d'un marchandage électoraliste des ESA. Et pendant cette consultation -tractation des centaines et des centaines de permis de construire sur des ESA seront déposés faute de cartographie des ESA actuellement opposable .

Pire, au lieu de sécuriser le document, cette procédure risque bien de rendre le PADDUC encore plus fragile. En effet les ESA figurent également dans d'autres cartes qui n'ont pas été annulées par le TA. Ainsi sera adoptée une nouvelle carte qui se rajoutera aux autres cartes déjà annexées au PADDUC, avec le risque de procédures à venir. Cette modification annoncée du Padduc a été applaudie aussitôt par la droite et défendue âprement par Mme le Maire de Piana, et d'autres. On le comprend puisque la bétonisation des terres agricoles au profit des résidences secondaires est leur seul plan de développement de la Corse.

Une telle faute politique, une telle trahison est inacceptable. Elle remet en cause l'orientation stratégique du Padduc en ce qui concerne la nécessaire préservation de 105 000 ha d'ESA indispensables pour atteindre l'objectif de l'autonomie alimentaire. C'est notre Bien Commun qui est en jeu et les jeunes agriculteurs toujours à la recherche de terres seront les cocus de l'histoire si nous ne réussissons pas à empêcher ce mauvais coup contre les ESA. Les mafieux et autres maires faibles ou corrompus peuvent en revanche se réjouir! Grâce à cette attaque contre les ESA, les terres agricoles seront mises aux enchères électoralistes : la spéculation immobilière et les résidences secondaires ont un avenir radieux devant elles !

Alors que nos élus disent clairement et fermement NON à cette destruction -bétonisation annoncée de nos terres agricoles !

Qu'ils disent donc NON à cette concertation « et en amont et en aval » qui ouvre la porte aux vils marchandages et qui n'a aucune raison d'être !

 

 

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Pour rappel :  2 chiffres 

 

170 000 hectares.

C’est le chiffre du nombre d’hectares déclarés par les agriculteurs CHIFFRE ODARC. A comparer avec les 105 000 h du PADDUC.

En construisant dans les seules zones constructibles de 70 communes littorales on aurait de quoi doubler la population de la corse. Livre blanc du Padduc.

Voilà un peu pour l’échelle.

Pour le reste et cela vaut plus qu’un long discours : durant la campagne électorale des territoriales on a vu la droite, les maires, et ceux qui n’ont de cesse désanctuariser la corse,  se mobiliser avec virulence contre le PADDUC qui les empêchait de bétonner. Or, pour cette modification du PADDUC  c’est le silence assourdissant. Il y a des convergences troublantes.  

 

C’est un appel que nous lançons à tous au travers de ce communiqué : société civile mais également aux élus territoriaux, de la majorité, dont beaucoup s’élèvent contre ce rapport, et au delà, pour qu’ils obtiennent le retrait de ce rapport inique qui va permettre la mise à l’encan, le marchandage de la terre corse.

 

 

Pour mémoire :

Extrait du Padduc tel qu'il a été approuvé par l'Assemblée de Corse le 2 octobre 2015. 

Les Espaces Stratégiques Agricoles

Ces espaces sont inconstructibles, à l’exception des constructions et installations nécessaires à l’activité́ agricole, aux équipements collectifs ou d’intérêt général ou à des services publics, ainsi qu’à des activités économiques liées à l’exploitation des ressources naturelles locales.

Le PADDUC n’admet pas de modification de la destination des sols au sein de ces espaces. En effet, ces espaces ont une fonction économique et sociale et répondent à ce titre à l’objectif d’un développement plus endogène. Ils ont en outre une fonction environnementale en matière de paysage, de coupures d'urbanisation, de prévention des risques naturels et de conservation de la biodiversité́.

In : PADDUC Livret III.

 

Principes de préservation et usages autorisés

Les Espaces Stratégiques Agricoles ont une fonction économique et sociale ; ils répondent à ce titre à l’objectif d’un développement plus endogène.

Ils ont en outre une fonction environnementale en matière de paysages, de coupures d'urbanisation, de prévention des risques naturels et de préservation de la biodiversité́.

Leur préservation concourt ainsi à l’équilibre recherché par le PADDUC entre les perspectives de développement et de protection des territoires.

In PADDUC Livret IV

 

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 Communiqué commun : Le Poulpe, ABCDE, le GARDE, Via Campagnola 

 

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01 juin 2017

Incendie à Bonifacio : une perte commune à tous

 

 

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Mardi 30 mai, près de 400 hectares d'un site magnifique, en majorité sous la protection du Conservatoire du Littoral, ont été détruits par un incendie vite rendu non maitrisable du fait de la carence de moyens de lutte. 

De Frasseli ( bois de frênes) à Tonnara, c'est un paysage dévasté, une diversité d'écosystèmes anéantis. Du modeste lézard au genévrier centenaire. 

A l'heure où nous publions ce courrier adressé au maire de la commune, il apparait que le ministère concerné soit le ministère de l'intérieur et non celui des armées. Cela ne change rien sur le fond de la procédure. 

Il n'est pas question d'enfler les polémiques, mais nous exigeons que justice soit rendue à la nature. Et ouvre la voie à réparation.

 

                          ASSOCIATION BONIFACIENNE COMPRENDRE ET DEFENDRE L’ENVIRONNEMENT A.B.C.D.E
                                                  Association de protection de l’environnement

Monsieur Jean-Charles Orsucci Maire de Bonifacio

La gravité de l’incendie qui a ravagé 370 hectares le 30 mai 2017, sur notre commune, de Frasseli (ancien camp militaire) à Catarello et presque Tonnara appelle aux citoyens que nous sommes plusieurs interrogations.

Interrogations qui, certainement, sont aussi les vôtres et auxquelles votre position d’élu (et d’éligible) vous permet de répondre.

L’extrême sud de la Corse vit un printemps extrêmement sec, sans précédent dans les annales météorologiques. Même si les réserves, Ospedale et Talza affichent un bon indice de remplissage, l’extrême rareté des précipitations, moins de 10mm depuis deux mois, génère une grande sécheresse des végétaux. L’herbe a jauni depuis un mois, et les arbres commencent à défolier.

Chacun est appelé à la plus grande prudence dans tous les travaux en milieu naturel, l’emploi du feu est encore autorisé (si nécessité) jusqu’à midi (10 H GMT) et sous réserve de disposer de tuyau alimenté en eau à proximité.

Le feu d’hier est « parti » sur le terrain militaire, où était effectué une opération de déminage. L’enquête en cours déterminera les circonstances exactes de ce départ de feu : comme vous ne l’ignorez pas, il s’agit d’une procédure judiciaire, enquête préliminaire menée par la cellule Recherches des Causes et Circonstances des Incendies.

Néanmoins :
- l’action publique, ici le Ministère des Armées, n’est elle pas à même d’évaluer le caractère exceptionnel de la sécheresse de la végétation et ainsi surseoir à des opérations somme toute de routine ?
Dans ce cas, tant bien même qu’un camion citerne, dans une zone très peu carrossable, était à proximité, l’explosion de munitions était de la plus grande imprudence.
Cette imprudence a conduit à la destruction de toute la biodiversité sur 370 hectares.

C’est donc le bien commun qui a été détruit par imprudence. 

A ce titre, une action commune de Bonifacio s’impose.

Il existe un service au Ministère des Armées pour déclaration et demande de réparation des dégâts commis, avec conciliation éventuelle avant action en justice.page1image16944

Le Tribunal administratif est également compétent à partir du moment où il est acquis par l’enquête que les exercices sont à l’origine du sinistre.

Envisagez vous d’entamer une démarche au titre de la collectivité locale ? Qui pourrait s’assortir de démarches similaires de associations de défense de l’environnement, voire du Conservatoire du Littoral ?
Il s’agit de justice de la nature.

L’absence de moyens aériens, Canadair, alors que déjà la semaine dernière 60 hectares brûlaient au Mont Gozzi, est incompréhensible. Ce n’est plus de l’imprudence, c’est de l’incompétence de l’action publique. Avec des conséquences qui relèvent d’une enquête criminelle. La nature a droit aussi à la justice.

Vous saurez interpeller en ce sens notre collectivité territoriale et ses élus.

Pour l'association ABCDE Vincente Cucchi  

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20 mars 2017

M. le Maire de Bonifacio ou l'application "intelligente" de la Loi

L’intervention de M. le Maire de Bonifacio, lors du reportage diffusé dans Inchiesta, nous l’a prouvé : nous sommes en présence d’un véritable lanceur d’alerte.  Au service des Bonifaciens.

 

Sauf que cet élu en colère n’alerte pas sur la  préservation des espaces naturels ou agricoles mais sur sa constructibilité…nuance !

Et de déplorer, amer : « l'empilement des Lois Grenelle et Alur me font dire que demain je serai incapable de préserver la constructibilité sur le plateau... » « si on est dans une lecture stricte, bête de toutes ces lois qui s'empilent , on est sur 200- 300 ha (constructibles)….on va rendre riches ceux qui possèdent ces 200 -300 ha mais pour le reste c'est la guerre civile !(Sic)…Un PLU à 200 ha je ne ferai pas (... ) Je retournerai au RNU » .

Ah cette menace de guerre civile, très tendance ! Si ce n’est pas du chantage au béton…ça lui ressemble !

 

Curieusement Mr le Maire ne dit rien sur les conséquences de l’application des dispositions du  Padduc sur ce même plateau.

Padduc qualifié par lui pourtant, en son temps de vice-président de l’assemblée de Corse, de « projet marqueur de gauche » et qu’il a voté !  Padduc dont il ne peut que savoir pertinemment qu’il ne peut contredire  la Loi Alur, la Loi Grenelle ou la Loi de modernisation de l'agriculture et surtout la Loi Littoral y compris sur le plateau ?

Il déclarait à « Corse-Matin » (11/01/2017) : « les Bonifaciens nous demandent de respecter nos engagements de 2008 et 2014 qui étaient de protéger le littoral bonifacien, ce qui a été fait avec le Padduc, et d'augmenter la constructibilité sur le plateau bonifacien»

 

Donc le Padduc c'est pour protéger le littoral....mais pas le plateau ? La constructibilité du plateau ne concerne pas le Padduc ?  Et quid de l’obligation de préserver les Espaces Stratégiques Agricoles et naturels ? 1217 ha d’ESA sur la commune selon le Padduc.

 

 

Selon Mr Tafani ,Premier adjoint chargé de l'urbanisme, la moitié des demandes de permis de construire  concerne, à Bonifacio,  des résidences secondaires.

Si  ces mauvaises  lois s'appliquent, on arrivera à un résultat contraire aux intérêts des « Bonifaciens » qui ne pourront plus construire. Comprenez : seuls les riches étrangers pourront acheter puisqu'à cause de la raréfaction de l’offre, le prix du m2 deviendra inabordable pour eux.

 

Ce qui laisse croire que, pour l'instant, il l'est ?

Le prix de l'immobilier à Bonifacio :

Appartement : fourchette basse : 3091 euros (30%de l'offre) moyenne : 4433euros  (42% de l’offre) haute: 5530 euros (28% de l'offre)

Maison: fourchette basse : 3635 euros, moyenne: 4200 euros, haute:11522 euros

 

Sachant qu'à Bonifacio, le salaire mensuel net moyen s'élève à 1735 euros et que le revenu annuel moyen par foyer fiscal est de 20 822 euros, on comprend que les chances pour un « Bonifacien » d'accéder à la propriété immobilière sont très, très limitées. Pour la plupart d'entre eux c'est du domaine du rêve. Qu’a donc concrètement tenté la commune pour limiter les résidences secondaires dont l’impact sur le prix du foncier est incontestable ?

RIEN ! Au contraire.

Par une politique très laxiste en matière de délivrance de permis de construire, particulièrement pour des  résidences secondaires dans des secteurs protégés (permis tacites, permis accordés dans des zonages annulés par les juridictions administratives ou dans des sites classés) ou bien pour la réalisation de programmes immobiliers plus conséquents  (lotissements ou immeubles de standing), elle a non seulement accompagné,  mais délibérément renforcé le phénomène, y compris sur le Plateau.

 

Sur fond de menace de guerre civile et de lois scélérates, une vieille antienne toujours aussi tendance, tentons, à travers quelques exemples de comprendre ce que M. Orsucci entend par « lecture intelligente, pas bête, pas stricte, de la loi ».

 

A suivre …

 

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19 mars 2017

Bonifacio , ses parkings

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L’ancienne fabrique de la vallée de Saint Julien a été bâtie vers la fin du 19e siècle, pour les besoins de la « Garantie Foncière » en entrepôts et cave à vin. La Garantie Foncière avait été crée par Jules Lang, avec une plantation de 500 hectares de vignobles, dans différents secteurs de Bonifacio, dont Piantarella et Falate et jusqu’à Solenzara. Durant l’hiver 1897, elle employait 180 personnes, 40 bœufs, 20 mulets et chevaux…

Plus tard, dans le 20e siècle, le bâtiment abrita une petite fabrique de bouchons dirigée par Emmanuel Rai. D’où son nom, l’ancienne fabrique.

(d’après « Bonifacio à travers ses rues et places », de François Canonici)

 

Tombant en ruines au fil des années, la « fabrica » a été démolie récemment, la place ainsi nivelée fait désormais office de parking.

 

Jusqu’à novembre 2016, un bel ombra  y dispensait encore son ombre. Le bel ombra, phytolacca dioica, a fait son apparition en Corse dans la deuxième moitié du 19e siècle : originaire de l’Amérique du Sud, le bel ombra a été apprécié, et donc rapporté par nos ancêtres, pour son développement rapide et sa grande longévité. De très beaux sujets survivent encore rue Fred Scamaroni, ceux de Saint Roch ont disparu, celui de Porto-Vecchio, sur la place, se remet de la tempête de janvier 2012 ; à Cargese, à Piana ils font la fierté des riverains et le plaisir des visiteurs.

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Pour nous, ce n’est pas de la fierté, c’est la honte. Le bel ombra de la fabrique a été purement et simplement abattu … pour gagner quelques places de parking.

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Il y a quelques années, un arbre planté sur une terrasse de la marine, lors d’un aménagement municipal, avait été « coupé » par le restaurateur, pour mettre une table ou deux de plus…, nous l’avions dénoncé. Plus récemment, nous avions débuté ce blog avec le dégagement d’un euphorbe sur les remparts, au prétexte qu’il « bouchait » la vue d’un riverain..

Le bel ombra de la fabrique ne sera pas l’arbre de l’année 2016, à l’instar du pistachier de Ghisonaccia, du châtaignier de Zonza, de l’olivier de Monticello …2016 aura été son année de mort..

 

« Les arbres et les forêts passaient pour le suprême présent que la terre eût fait à l’homme » (Pline l’Ancien ). Et ces arbres rapportés par nos voyageurs racontent l’histoire de la Corse . 

Visiblement, le profit que génère ces parkings qui enlaidissent la ville, ses abords, ses sites les plus remarquables empêchent le particulier comme l’élu  d‘entendre cette histoire..

 

Qui écoute encore l’histoire du « boscu » : « il y a à Bonifacio une espèce de bois ou petit bois qui sert de promenade aux habitants. On y voit des chênes verts, des oliviers sauvages et des genévriers. Les troncs de ces arbres sont d’une grosseur singulière. On les conserve à cause de leur antiquité et il y a des défenses très rigoureuses de les dégrader ou de les abattre sous peine de galère ou d’avoir le poing coupé ». Incendié par les troupes en 1793, les souches restantes alimentant les feux de l’armée ensuite, interdisant de fait toute repousse , le bois a totalement disparu. (d’après « Bonifacio à travers ses rues et places » de François Canonici)

 

Reste une station exceptionnelle, et protégée ( !)  d’ornithogales d’Arabie, ou Etoile de Bethleem.  Qui fleuriront bientôt. Enfin, ce qu’il en reste : durant tout l’été, l’espace est rentabilisé à outrance, et l’on voit des dizaines de voitures garées sur les talus, sur le moindre bout de terre ou de végétation, dès que les places officielles sont occupées. Le principal étant que l’automobiliste passe par la case « caisse » en sortant.

Alors la végétation … et la beauté des sites ..

 

 

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