Des résidences si peu primaires ...

 

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A écouter certains maires, à cause « de la superposition des contraintes issues des lois Littoral, Montagne, Alur, Grenelle » il devient très, très difficile de construire en Corse.

 Cette accusation est présentée dans les médias comme une évidence incontestable que seules les associations de défense de l’environnement, aveuglées par leur mauvaise foi ou leur ignorance, osent nier.

 

Et cette accusation est tellement fondée que les plus hauts représentants de l'Exécutif ont proposé, pour mettre fin à cette paralysie  de leurs initiatives en termes d'aménagement ,de débattre « d'éventuelles adaptations législatives ou réglementaires dans une logique d'ensemble qui ferait l'objet d'un large consensus » tout en « respectant les fondamentaux ». Nous savons à quel point la « défense de la terre est dans les gènes » de nos élus nationalistes. 

Pourquoi donc s'inquiéter ?

Pas de procès d'intention : si l'Exécutif a pris pour argent comptant ce réquisitoire inlassablement répété contre ces fameuses contraintes ce n'est pas du tout pour satisfaire les électeurs en vue de prochaines échéances électorales.  Non, c’est forcément parce qu'ils avaient en main les preuves objectives des conséquences néfastes du respect de ces fameuses contraintes : les statistiques de l'INSEE qui, elles, sont incontestables.

Examinons-les !

Dans son rapport du  26/06/18, l'INSEE constate :

 

« Depuis 2010, la Corse gagne 5020 logements supplémentaires par an soit une augmentation annuelle moyenne de 2,2%.La région enregistre la plus forte croissance du parc de logements de France métropolitaine, devant l'Occitanie et les Pays de Loire »

 

Pourtant l'INSEE prévoyait, en 2015, que compte tenu de l'évolution prévisible de la population, « il faudrait construire 70 000 logements dans la région d'ici 2030 soit 3300 logements par an. Parmi eux 40 000 couvriraient les besoins en résidences principales et 22 000 ceux en résidences secondaires. »

Or , malgré les fameuses « contraintes » , le rythme de construction est en moyenne de 5000 logements par an soit 2000 de plus que nécessaire pour faire face à cette progression de la population, d'où ces magnifiques résultats qui font pâlir d’envie les communes du continent :

 

S'agissant des résidences principales : « depuis 2010, leur nombre progressé à un rythme annuel moyen de 1,7% plus rapide que la moyenne métropolitaine (+0,9%) mais si « le parc des résidences principales se développe dans la majorité des communes, il baisse surtout pour celles éloignées du littoral ».

 

Les résidences secondaires : « la progression des résidences secondaires s'accentue : entre 2010 et 2015, le parc des résidences secondaires croît à un rythme annuel moyen de 3,3% soit trois fois plus rapidement que pendant la période 1990-1999(....) le rythme de croissance du parc de résidences secondaires est supérieur à celui des résidences principales. Il est deux fois plus élevé dans la région »

 

« En raison d'une forte pression touristique sur l'île, la contribution des résidences secondaires à l'augmentation du parc de logements est plus importante que partout ailleurs en métropole : 54,3% contre 11,2% en moyenne métropolitaine. En outre, avec 90 160 logements, la part des résidences secondaires est la plus élevée des régions métropolitaines, soit 37,2% contre 9,6% au niveau national. Elle dépasse largement celle de Provence-Alpes-Côte d'Azur (17,7%)  et d'Occitanie (15,7%) »

On comprend la disparition du « Collectif loi littoral » ! à quoi servirait-il désormais?

 

Les logements sociaux ou la preuve de la faillite sociale :

En 2015 , l'INSEE constatait : « l'importance de la construction de résidences secondaires en Corse constitue un facteur important de consommation de l'espace qui participe à une hausse du prix du foncier » En clair ,l'importance des résidences secondaires est un facteur déterminant de la spéculation immobilière et pendant ce temps là 32 700 corses vivent au sein de logements sur-occupés (12,4% de la population) .« la Corse est la troisième région la plus touchée par la sur-occupation » D'où ce magnifique résultat concernant les logements sociaux : « Néanmoins, avec 8,6% du parc de résidences principales, leur part est la plus faible des régions françaises. » 

 

On mesure là les résultats incontestables de la politique « sociale » de nos élus !

 

Nos élus qui sont « à l'écoute de notre peuple » devraient d'ailleurs lancer la campagne « sociale »suivante :

 

 « 32 700 Corses vivant dans logements sur-occupés cherchent résidences secondaires désespérément ! »

 

La Corse est saturée de résidences secondaires malgré ces prétendues contraintes mais elle détient le record du plus faible taux de logements sociaux... à cause des contraintes ou de la spéculation immobilière ??

 

                                                                               Conclusion :

 

Les statistiques de l'INSEE sont cruelles dans leur vérité objective.

Elles prouvent que les élus qui dénoncent les effets négatifs de la superposition des contraintes issues des lois Littoral, Montagne, Alur , Grenelle, mentent sciemment au peuple Corse.

 

                                                  Nos élus n'ont jamais autant pu bétonner !

 

La spéculation immobilière fruit , justement , de la violation de ces lois et du Padduc, n'a jamais été aussi forte et la part ridicule des logements sociaux illustre cette faillite morale et politique que connaît la Corse et qui s'est traduite , il y a peu , par le vote de la modification du Padduc pour permettre à nos élus de tripatouiller la carte des Espaces Stratégiques Agricoles : un processus d'une durée de 12 mois, au lieu de 3, pour leur permettre de satisfaire leur soif insatiable de béton !

                                  La « maison de cristal » est devenue « la maison du béton » !