L’intervention de M. le Maire de Bonifacio, lors du reportage diffusé dans Inchiesta, nous l’a prouvé : nous sommes en présence d’un véritable lanceur d’alerte.  Au service des Bonifaciens.

 

Sauf que cet élu en colère n’alerte pas sur la  préservation des espaces naturels ou agricoles mais sur sa constructibilité…nuance !

Et de déplorer, amer : « l'empilement des Lois Grenelle et Alur me font dire que demain je serai incapable de préserver la constructibilité sur le plateau... » « si on est dans une lecture stricte, bête de toutes ces lois qui s'empilent , on est sur 200- 300 ha (constructibles)….on va rendre riches ceux qui possèdent ces 200 -300 ha mais pour le reste c'est la guerre civile !(Sic)…Un PLU à 200 ha je ne ferai pas (... ) Je retournerai au RNU » .

Ah cette menace de guerre civile, très tendance ! Si ce n’est pas du chantage au béton…ça lui ressemble !

 

Curieusement Mr le Maire ne dit rien sur les conséquences de l’application des dispositions du  Padduc sur ce même plateau.

Padduc qualifié par lui pourtant, en son temps de vice-président de l’assemblée de Corse, de « projet marqueur de gauche » et qu’il a voté !  Padduc dont il ne peut que savoir pertinemment qu’il ne peut contredire  la Loi Alur, la Loi Grenelle ou la Loi de modernisation de l'agriculture et surtout la Loi Littoral y compris sur le plateau ?

Il déclarait à « Corse-Matin » (11/01/2017) : « les Bonifaciens nous demandent de respecter nos engagements de 2008 et 2014 qui étaient de protéger le littoral bonifacien, ce qui a été fait avec le Padduc, et d'augmenter la constructibilité sur le plateau bonifacien»

 

Donc le Padduc c'est pour protéger le littoral....mais pas le plateau ? La constructibilité du plateau ne concerne pas le Padduc ?  Et quid de l’obligation de préserver les Espaces Stratégiques Agricoles et naturels ? 1217 ha d’ESA sur la commune selon le Padduc.

 

 

Selon Mr Tafani ,Premier adjoint chargé de l'urbanisme, la moitié des demandes de permis de construire  concerne, à Bonifacio,  des résidences secondaires.

Si  ces mauvaises  lois s'appliquent, on arrivera à un résultat contraire aux intérêts des « Bonifaciens » qui ne pourront plus construire. Comprenez : seuls les riches étrangers pourront acheter puisqu'à cause de la raréfaction de l’offre, le prix du m2 deviendra inabordable pour eux.

 

Ce qui laisse croire que, pour l'instant, il l'est ?

Le prix de l'immobilier à Bonifacio :

Appartement : fourchette basse : 3091 euros (30%de l'offre) moyenne : 4433euros  (42% de l’offre) haute: 5530 euros (28% de l'offre)

Maison: fourchette basse : 3635 euros, moyenne: 4200 euros, haute:11522 euros

 

Sachant qu'à Bonifacio, le salaire mensuel net moyen s'élève à 1735 euros et que le revenu annuel moyen par foyer fiscal est de 20 822 euros, on comprend que les chances pour un « Bonifacien » d'accéder à la propriété immobilière sont très, très limitées. Pour la plupart d'entre eux c'est du domaine du rêve. Qu’a donc concrètement tenté la commune pour limiter les résidences secondaires dont l’impact sur le prix du foncier est incontestable ?

RIEN ! Au contraire.

Par une politique très laxiste en matière de délivrance de permis de construire, particulièrement pour des  résidences secondaires dans des secteurs protégés (permis tacites, permis accordés dans des zonages annulés par les juridictions administratives ou dans des sites classés) ou bien pour la réalisation de programmes immobiliers plus conséquents  (lotissements ou immeubles de standing), elle a non seulement accompagné,  mais délibérément renforcé le phénomène, y compris sur le Plateau.

 

Sur fond de menace de guerre civile et de lois scélérates, une vieille antienne toujours aussi tendance, tentons, à travers quelques exemples de comprendre ce que M. Orsucci entend par « lecture intelligente, pas bête, pas stricte, de la loi ».

 

A suivre …

 

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